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Vacances en famille

mars 12th, 2015 | Posted by calvet in Voyages - (1 Comments)

Préparer son départ, c’est choisir sa destination mais aussi sa formule. Hôtel-club, paquebot de croisière ou plus simplement pénichette, c’est le moment de réserver.

vacances

Les vacances de Pâques à peine achevées, il sera déjà temps de penser aux congés d’été. Où emmener sa petite (ou grande) famille? Au soleil, le plus souvent, en France, au bord de la mer ou à la montagne. Sur les rivières et canaux d’Europe aussi. A l’autre bout du monde, pour un peu plus d’aventure. Mais, pour que les vacances soient complètes, la destination ne suffit pas. Parents et enfants doivent tous trouver détente et plaisir. Le choix de la formule est ainsi déterminant dans la réussite du séjour. Les hôtels-clubs s’adressent à ceux qui préfèrent border leur séjour, en France et à l’étranger. A ceux, aussi, dont les enfants veulent pratiquer des sports en série, bien encadrés, pendant que les parents vaquent à d’autres occupations. La formule est dupliquée sur l’eau, du moins sur certains paquebots, avec des tarifs enfants défiant toute concurrence. Toujours au rythme de l’eau, les voyages en pénichette permettent à la famille de se retrouver sans stress avec, à la clé, la découverte de la campagne française ou d’Europe.

 

Une journée au club.
Certains sont tentés de s’en moquer. Prestations au rabais, animations ringardes, décor tape-à-l’œil, bulle d’artifices indifférente à leur environnement, disent-ils… Vu de l’intérieur, l’avis change. Les habitués ne tarissent pas d’éloges. L’hôtel-club réserve, il est vrai, ses séductions à qui s’y installe. Et elles sont nombreuses.

A mille lieues de l’auberge locale qui fait l’étape du voyage découverte, l’hôtel-club est entièrement conçu pour des vacances précisément formatées. Première donne: le soleil, la plage et le culte des vacances insouciantes. Un environnement clos, gage de sécurité. Deuxième exigence, chacun doit y trouver les activités qu’il attend: les plus jeunes sont accueillis selon leur âge dans des structures adaptées, veillées par des animateurs spécialisés, pendant que leurs parents optent pour une ribambelle d’activités, du tennis à la pétanque en passant par la planche à voile, la plongée ou la randonnée. Il est même possible de succomber à une grave crise de paresse, piscine, sieste et plage, sans que quiconque trouve à y redire. La tribu n’en a que plus de plaisir à se retrouver chaque soir autour de la table.

Troisième donne, une convivialité de tous les instants. Le maillot de bain fait oublier les retenues habituelles, le tutoiement se révèle aussi naturel que le partage du repas avec les voisins de plage et les équipes d’animation veillent à faire tomber les barrières. Quatrième argument, il est essentiel, des tarifs tout compris, vols depuis la France, transferts, hébergement, demi-pension, accès à toutes les réjouissances du lieu, etc. Les moins de 12 ans qui partagent la chambre de leurs parents bénéficient en outre de tarifs sensiblement réduits (entre 20 et 30 %). Évidemment, l’argument joue moins lorsqu’on part avec deux enfants ou en compagnie d’adolescents. Une deuxième chambre s’impose pour garantir aux uns comme aux autres l’indépendance sans laquelle les vacances ne seraient pas tout à fait réussies.

Pour illustrer la grille tarifaire, il faut retenir une base d’environ 400 à 600 € (selon le standing de la maison) par personne pour une semaine aux dates les moins recherchées du printemps ou de l’arrière-saison. Et doubler la mise durant les vacances scolaires d’été. Résultat: les familles adorent et plébiscitent la formule. D’autant qu’elle progresse sans cesse, ajoutant ici une école du cirque, là-bas des stages informatiques ou des initiations au golf pour mini-joueurs, sans négliger la présence ponctuelle de champions auprès des vacanciers. Multipliant aussi les formules «tout inclus» dont le tarif comprend les boissons non alcoolisées servies à volonté ou les en-cas généreusement distribués. Offrant enfin de plus en plus souvent la possibilité de dîner en tête-à-tête ou d’organiser des excursions privées.

Avec les premières douceurs du printemps, le bassin méditerranéen tient sa revanche sur les îles des Caraïbes, reines de l’hiver: proximité, tarifs adaptés pratiquement chaque semaine à la fréquentation, décor épatant de bleu et de blanc… Une dizaine d’enseignes rivalisent alors, du Maroc à la Turquie, en passant par l’Espagne, les Baléares, la Croatie, la Grèce ou la Tunisie.

MedLogLe Club Med d’abord, initiateur du genre. Plus de vingt villages semés tout autour de la Grande Bleue mettent en avant la diversité des styles, donc des tarifs, les buffets généreux et une animation sans faille. Rares sont les sports qui ne se pratiquent pas au Club… Les Paladiens (treize adresses en Méditerranée, Corse et Égypte comprises) rassemblent les habitués de Nouvelles Frontières, devenus parents cools, toujours adeptes de vacances sans façons. Fram et ses Framissima (dix-huit adresses dont trois en Tunisie, autant au Maroc et aux Baléares) jouent la carte d’une organisation impeccable et d’une atmosphère bleu-blanc-rouge définitivement rassurante.

Les quinze Eldorador de Jet tours (cinq sont installés en Tunisie) misent sur la diversité des activités. Ils sont les promoteurs de la formule «Ici, tout est proposé, rien n’est imposé». Leur standing est désormais tiré vers le haut. Ce dernier argument vaut tout autant pour les six Coralia clubs de la région. Ces établissements loisirs du groupe Accor sont, entre autres, commercialisés par TUI. De leur côté, les dix Lookéa méditerranéens de Look Voyages misent sur la francophonie et les prix légers, un argument auquel les familles nombreuses sont évidemment sensibles.

Enfin, les clubs Sangho, également adeptes des tarifs serrés, rayonnent dans le Sud tunisien, leur berceau, ainsi qu’au Maroc. Quant aux clubs Festival, l’apanage de Pacha Tours, ils ravissent ceux qui choisissent l’agrément des stations balnéaires turques. Tout comme les clubs Marmara, émanation d’un autre tour-opérateur, grand spécialiste de la Turquie.

Quel que soit le club, le programme est le même. La journée commence par le petit déjeuner. Puis, à partir de 10 heures, c’est chacun son emploi du temps. Destination le baby-club pour les moins de 4 ans. Ces structures n’existent pas partout, mais se multiplient d’année en année. Tant mieux. Ou bien cap sur le mini-club pour les 4-8 ans. Les puéricultrices maison multiplient jeux et activités d’éveil. Le club junior est ouvert aux 8-12 ans. Sports à la carte, balades tous ensemble, boums d’après-midi, théâtre… les éducateurs ne manquent jamais d’idées. Tout comme ceux qui s’occupent des clubs adolescents, les 13-18 ans, qui se défoulent en régatant, en marchant, en jouant au foot ou au basket. Les activités durent jusqu’à 17 ou 18 heures.

De leur côté, mamans et papas composent leur propre programme. Farniente, tennis, initiation à la langue du pays, loto, shopping, massage et soins de beauté, salle de remise en forme… Sachant qu’il est toujours possible de rompre cet ordonnancement pour faire une excursion en famille. Sachant aussi que tout le monde se retrouve à l’heure du dîner pour raconter les aventures de la journée. Le night-club invite enfin les plus courageux à conclure, tout en gardant la mesure…

Sachez dire “Non ” aux enfants.

mars 3rd, 2015 | Posted by calvet in PSYCHO - (2 Comments)

Après des années de compromis, voici le nouveau mot d’ordre : on ne lésine pas sur l’autorité ! Puisqu’en matière d’éducation l’heure n’est plus aux improvisations, les parents n’ont plus qu’à trouver le bon ton. Photo: lavanguardia

dire “Non ” aux enfants

On le sait, le retour de l’autorité est à la mode. On n’en finit pas d’observer le phénomène et on s’interroge sur ces générations de parents paralysés à l’idée d’opposer un refus à leur progéniture.

Lorsque ses fils lui réclament des baskets branchées à 150 euros, la mère les achète sans se poser de questions. Et pourtant… Elle-même ne s’offrirait rien à ce prix-là, son budget est souvent serré. Mais pour eux, oui, elle craque. Ils ont toujours eu droit aux derniers jeux vidéo lancés sur le marché.

Aveu surprenant de la part de la mère, qui n’a franchement rien de la femme dépensière et frivole. Cette intello au fort tempérament en est arrivée à s’endetter, pour ne pas dire “ non ” à ses fils, et à tourner le dos à ses convictions les plus profondes… Elle dénonce inlassablement la malbouffe et remplit pourtant le réfrigérateur de litres de soda. Elle est fière de son potager et vante la couleur de ses tomates au bureau, mais doit admettre que ses garçons se gavent de hamburgers – ou presque.

Elle reconnaît ses contradictions, mais prolonge l’increvable slogan des soixante-huitards – “Il est interdit d’interdire ” :  Je pense que mon rôle est d’expliquer, de proposer. Je voulais qu’ils deviennent autonomes, qu’ils puissent faire des choix. Je leur fournissais des éléments de débat : ce soda fait grossir, fumer provoque le cancer, etc. Mais je les laissais prendre leur destin en main. J’ai rarement été totalement convaincue d’avoir raison de dire non. De quel droit leur imposer mon point de vue ? Ils n’ont pas demandé à naître !

Lorsque son fils aîné commence à fumer des joints, elle reste sur la même ligne : “ Quand je suis tombée sur les premiers mégots, j’ai décidé d’en discuter avec lui. Convaincue que dire “non” ne sert à rien. Je me suis persuadée qu’à quatorze ans, il pouvait comprendre le message. ” Une mère n’interdit pas, elle recherche le compromis : “ Je demande à Martin de se limiter à fumer le week-end, en soirée, avec des copains. Et jamais le matin. Je pensais que ce serait suffisant. ”
Deux ans plus tard, son fils redouble pour la seconde fois. Et quand, finalement, lorsqu’on exige qu’il arrête de fumer des joints, il répond qu’il est dépendant, “ accro ”.

On le sait, le retour de l’autorité est à la mode. On n’en finit pas d’observer le phénomène et on s’interroge sur ces générations de parents paralysés à l’idée d’opposer un refus à leur progéniture : culte de l’enfant, peur de ne plus être aimé, culpabilité des parents divorcés, on connaît par cœur la litanie des explications les plus évidentes…

On se souvient presque avec regret, la larme à l’œil, de ces familles où le père régnait en maître sur une mère soumise et des enfants qui ne bronchaient pas. Inutile d’espérer un come-back, les structures familiales ont changé de façon irréversible et, comme le souligne le psychiatre Serge Hefez : La vie était plus simple quand on ne plaisantait pas avec les règles, mais en était-elle plus facile pour autant ? La psychanalyse est née, au début du siècle dernier, des dégâts causés par ces familles autocratiques et par cette écrasante hiérarchie que certains semblent aujourd’hui regretter amèrement.

Une morosité narcissique ambiante.

La famille est désormais plus égalitaire et l’autorité n’est plus un droit absolu : Elle doit faire la preuve de son bien-fondé, de sa légitimité. À en croire les témoignages des familles et les constats des thérapeutes, de plus en plus sollicité pour des troubles d’enfants liés à un dysfonctionnement de l’autorité.  Comment peut-on lui faire comprendre qu’on ne se couche pas à une heure du matin quand on n’a que neuf ans ?

Pourquoi les interrogations de ce type se multiplient-elles ? Parce que l’adulte “ parentifie ” l’enfant ! Ce néologisme est signé Philippe Jeammet, professeur de psychiatrie de l’enfant** : “ Pour les parents, l’essentiel est que l’enfant les aime bien ! Pourvu qu’on soit copain, que l’on soit le plus proche possible… Alors, on évite les conflits. ” Philippe Jeammet relie cela à une morosité narcissique ambiante : les parents sont vaguement déçus par leurs performances, par une certaine “ fatigue d’être soi, et ce qu’ils demandent à leurs enfants, c’est d’être contents ”.

S’il veut fumer, s’il veut sortir, pourquoi le contrarier ? S’il en tire du plaisir, cela prouve que nous sommes à la hauteur en tant que parents. Sa satisfaction nous rassure sur nous-mêmes. À tort ? “ Bien sûr, affirme le thérapeute. Les parents doivent être adultes et ne pas attendre d’être protégés par leurs enfants, c’est le monde à l’envers ! ” Un contresens qui conduit à repousser le rapport de force, à ne pas supporter qu’un jeune “ fasse la gueule ” à la maison. Comme cette mère:  Sa fille de quinze ans avait installé son petit copain de seize ans chez elle. La mère nous appelait au secours, elle n’en pouvait plus de cette cohabitation, se sentant violée dans son intimité familiale. Comment en était-elle arrivée à accepter cette situation ? Parce que sa fille avait menacé de partir si elle refusait.  L’aurait-elle réellement fait ? La mère a, quoi qu’il en soit, cédé tout de suite, immédiatement déstabilisée par cette hypothèse. Déstabilisée, comme tous les parents confrontés plus banalement aux hurlements, colères ou caprices de leurs rejetons. Et qui baissent les bras pour avoir simplement la paix.

La crainte de l’abus de pouvoir.

Il ne faut pas avoir peur d’être en opposition : n’oubliez pas que les enfants ont le temps pour eux ! Ils sauront, adultes, affirmer leurs convictions. S’ils veulent boire du Coca, se gaver de cochonneries, fumer, sortir, ils le feront, de toute façon, plus tard. Alors, on peut les en priver plus jeunes, si on estime cela nécessaire… Ne leur volez pas leur enfance, ils seront adultes bientôt !

Certes, mais la tâche est plus délicate lorsqu’on se trouve seul face aux enfants. À 80 %, les personnes qui appellent l’École des parents pour des conseils sont des mères. Parmi elles, beaucoup se plaignent d’exercer seules l’autorité, qu’elles soient, d’ailleurs, en couple ou non. Autrefois, la position du père permettait à la mère de se “ décoller ” de son enfant. En faisant acte d’autorité, il aidait l’enfant à prendre son autonomie. Aujourd’hui, le papa est davantage en “ corps à corps ” avec son fils ou sa fille. Et les parents sont finalement quasi interchangeables. Alors, qui reprend la fonction paternelle d’hier ? La question reste souvent sans réponse.

La famille contemporaine n’est pas retombée sur ses pieds. Si je refuse une demande, ai-je raison ? Puis-je prétendre détenir la vérité ? Lorsque j’impose une décision qui les contrarie, je la remets rapidement en question, car je me demande de quel droit je le fais.”De la même façon, on ne punit jamais.

Mais ne pas savoir dire “ non ” aux enfants, est-ce une forme de démission ? Imposer des règles, cela passe-t-il forcément par cette manifestation d’autorité ? Le quotidien se doit d’être très balisé : tout est rangé, ordonné, organisé, ritualisé. les enfants travaillent normalement à l’école, leurs demandes ne sont jamais extravagantes, ils aident volontiers leur mère, ils ne posent aucune difficulté particulière. Alors, l’enfant pourrait donc s’épanouir, grandir, sans devoir affronter le “ non ” de ses parents ? Tout est affaire d’équilibre, ici comme ailleurs. Il faut en effet abandonner “ l’illusion démocratique ”, qui voudrait que chaque membre de la famille ait le même pouvoir. Il s’agit d’éviter d’un côté, la force brutale, le pouvoir, la menace ; de l’autre, la persuasion, l’imploration (reconnais-moi comme père ou mère et rassure-moi) et surtout l’abus d’explications qui nous encourage à oublier le passé, mais pas les hiérarchies.

Mission délicate, quand les interlocuteurs de l’enfant deviennent multiples, au sein de familles recomposées aux combinaisons de plus en plus diverses.

** Auteur de “ Réponses à 100 questions sur l’adolescence ”, éd. Solar et, avec Odile Amblard, de “ La psycho 100 % ado ”, éd. Bayard.